Notre conversion a créé une onde de choc dans une famille athée

Yanek Lauzière-Fillion et Chantale Vaillancourt, catéchumènes | ENTREVUE.

Vous souvenez-vous du jeune couple et de leurs deux jeunes qui ont participé à la crèche vivante à la messe de 17h la veille de Noël? Ou encore ce printemps, il y a quelques semaines, à la sortie de la messe dominicale de 11h, lorsque Louise Pelletier, notre agente de pastorale, a eu l’inspiration soudaine d’inviter nos deux catéchumènes de se présenter à l’assemblée de fidèles? Comment ne pas oublier leurs sourires, la complicité de leurs regards, la simplicité de leurs gestes au moment de rejoindre Louise dans le chœur de l’église? Et, lorsqu’ils sont retournés à leur place, d’entendre le cri de cœur d’une paroissienne lancé depuis les bancs à l’avant de l’église: «Vous nous donnez Espoir!».

Nous les avons rencontrés à leur domicile.

Paroisse STA (André LaRose): Bonjour Chantale, bonjour Yanek!

Yanek et Chantale: Merci d’être venu chez nous. 

Vous êtes tous deux, il me semble, dans la jeune trentaine avec des enfants sans doute (ou bientôt) au primaire. Que faites-vous comme métier? Vous poursuivez toujours aux études? Comment voyez-vous la famille et ses défis aujourd’hui?

Chantale. En fait, nous sommes dans la jeune quarantaine. Nous avons deux enfants d’âge préscolaire; le plus vieux commence la maternelle en septembre. J’ai aussi un ado en garde partagée. Il est né de mon premier mariage en 2009, un mariage catholique, car mon ex-mari était baptisé. Nous avons divorcé après six ans de vie commune. Toutefois, ce mariage a été déclaré «nul» [ayant obtenu, à mon sujet, un «décret de liberté» du diocèse] après un examen approfondi de mon dossier qui a été rendu nécessaire en vue de ma présente démarche [pour me marier à l’Église].

Depuis 2021, je suis maman à la maison à temps plein. Mon ado est en ce moment en secondaire 1. Il est atteint d’un trouble du spectre de l’autisme (TSA) à haut niveau de fonctionnement et d’une dysphasie motrice (trouble de coordination). Il est dans une classe régulière depuis sa maternelle. Cela nous a apporté notre lot de défis, autant pour lui que pour nous. Il est le seul de la famille à avoir été baptisé. De son propre chef, il a décidé de poursuivre son cheminement en septembre en vue de recevoir sa première communion et éventuellement le sacrement de confirmation.

Pour répondre à votre question sur la famille d’aujourd’hui, je dirais qu’elle se cherche. Je trouve qu’il y a une très forte tendance à vouloir tout déconstruire… pour reconstruire à tâtons. Je constate une volonté de s’éloigner le plus possible des valeurs dites «traditionnelles», comme une sorte de rejet du passé, surtout des années ’50. Passionnée d’histoire, je peux comprendre cela, mais je ne suis pas d’accord avec ces idéologies. Je crois qu’il y avait de très bonnes choses à cette époque, qu’on doit apprendre de notre passé, et ne pas «jeter le bébé avec l’eau du bain». Il y a aussi cette avalanche d’informations — trop souvent contradictoires — de comment «être un bon parent». Nous sommes bombardés de toutes parts.

C’est très difficile de ne pas vivre de la culpabilité quand on souhaite élever nos enfants aujourd’hui. Il y a une pression sociale pour se nourrir bio, être «zéro déchet», utiliser des couches lavables, allaiter longtemps (mais pas trop là, sinon, c’est mal vu), ne pas utiliser les écrans avant l’âge de deux ans, ne pas laisser pleurer son enfant, ne pas crier, utiliser la méthode d’éducation positive, être un parent impliqué à l’école et dans les sports des enfants, etc. Tout cela bien sûr, en étant une femme épanouie qui se développe dans sa carrière et qui met de l’énergie dans sa relation de couple aussi… Ouf! Quelle galère! Choisir ses batailles, s’assumer et s’éloigner des réseaux sociaux aident beaucoup pour survivre à tout ça!

Yanek. Je suis conseiller en employabilité et intégration sociale à la Grande Bibliothèque à Montréal (BAnQ). J’ai une maîtrise en histoire de l’art médiéval. Du côté de ma famille, eh bien, elle est éclatée et m’apparaît confuse. Le thème de l’absence revient souvent quand je réfléchis à ma famille: mon père était absorbé par son travail et ma mère souffrait de dépression.

Concernant la famille d’aujourd’hui, Chantale mentionne certaines difficultés à être maman à la maison à temps plein; de mon côté, en tant qu’homme et père de famille qui élève trois enfants, je veux faire part de mon contexte qui amène aussi son lot de difficultés. Le rôle de «pourvoyeur» est mal vu aujourd’hui. Il y a cette idée que tout ce qui se rapproche d’anciennes façons de vivre en famille est nocif, voire toxique: on qualifie cela de structure «patriarcale» qu’il faut dénoncer. Mais ce que Chantale et moi essayons de faire, c’est de travailler en complémentarité, selon nos forces respectives, en reconnaissant tout le bienfait qu’un père et une mère peuvent chacun avoir, à sa manière.

Il y a eu une rupture durant la Révolution tranquille au Québec et cela ne fonctionne plus. Il faudrait qu’on recolle les morceaux de notre histoire! On veut «déconstruire» les sexes en invitant chacun à être totalement soi dans son individualité, sans contraintes. À la limite, la notion de père n’existe plus pour l’État, car sur le certificat de naissance de mon enfant, il est inscrit «parent 1» et «parent 2». Quelle est cette idée farfelue de diluer ainsi jusqu’à les faire disparaître les concepts d’homme, de femme, de père ou de mère? Qu’y a-t-il de constructif à opposer ainsi les hommes et les femmes, à monter un sexe contre l’autre, à chercher à déterminer qui a tort et qui a raison? Tout cela nous mène à un terrain miné d’émotions négatives, à une impasse dont il faut se sortir. Chantale et moi essayons de nous positionner comme parents à cet égard en puisant à partir du bagage que nous ont légué des modèles positifs que nous avons côtoyés, comme nos grands-parents, par exemple.

Qu’est-ce qui fait que vous avez la foi, alors que chez beaucoup de jeunes (et de moins jeunes) ce n’est pas, disons, une priorité dans leur vie? Êtes-vous accueillis là-dedans? Sentez-vous à part?

Chantale. Pour ma part, cette belle foi toute nouvelle est venue sur le tard. Je dirais qu’il y a eu de nombreux signes tout au long de ma vie, mais que c’est surtout l’an passé que cela est devenu plus perceptible: mon cœur s’ouvrait. Toutefois, c’est lors de la crèche vivante le 24 décembre dernier que c’est devenu une certitude dans mon cœur, presque une urgence: je devais recevoir le baptême! Ce fut un moment déterminant dans ma vie, un virage à 180 degrés, une bénédiction de l’Esprit Saint. J’ai été accueillie par mon conjoint, par Louise Pelletier, et par une grande amie (et notre future marraine familiale). Elle savait comment me guider à travers tout ça. Par contre, c’est pour nos familles immédiates que cette conversion soudaine a été difficile à accepter. Je ne les juge pas, je comprends trop bien leur surprise et leurs incompréhensions l’ayant moi-même vécu avec Yanek lorsqu’il m’a parlé de son désir de se convertir il y a trois ans. Mais il a été difficile de constater chez certaines personnes leur fermeture et leurs jugements. C’était comme s’ils ne me reconnaissaient plus, comme si on m’avait fait un lavage de cerveau.

Yanek. Est-ce que je me sens à part? Oui, définitivement! Voici une anecdote: lorsque j’ai annoncé à des membres de ma famille que je demandais le baptême, une personne a fait semblant qu’elle n’avait rien entendu et a changé de sujet; l’autre n’a plus voulu me parler pendant un certain temps… Mais je prends ça avec humour aujourd’hui! Car savez-vous ce qui est extraordinaire? C’est que ces deux personnes ont une soif immense de spiritualité, si forte… qu’elles sont les seules à ne pas la voir! J’essaie donc de leur expliquer mon cheminement en leur pointant leur propre soif de spiritualité qui finit toujours par surgir, au détour d’une conversation. Cette soif n’est pas nourrie dans le monde actuel. Mais grâce à nos paroissiens, un filon est toujours bien en vie à Sainte-Thérèse-d’Avila.

Il y a sans doute un bon nombre à la paroisse qui n’est pas familier avec le catéchuménat, un parcours de catéchèse adressé à des adultes catéchumènes qui ont soif d’absolu, qui veulent donner un sens aux interrogations qui les habitent en vue de vivre en chrétien.

Dans sa première encyclique «Dieu est Amour», Benoit XVI nous signale qu’«à l’origine du fait d’être chrétien, il n’y a pas une décision éthique ou une grande idée, mais la rencontre avec un événement, avec une Personne, qui donne à la vie un nouvel horizon et par là son orientation décisive.»

Pouvez-vous nous raconter l’histoire des événements qui ont jalonné votre parcours personnel dans l’espoir de mieux suivre les pas de Jésus?  

Chantale. Bien que mes deux parents soient athées, je reconnais que je croyais en quelque chose, dans un être suprême sans pouvoir l’identifier. Disons, agnostique. Au fil des années, j’ai côtoyé beaucoup de personnes croyantes. Certaines épreuves m’ont marquée à vif. À seize ans, j’étais gardienne, la personne responsable d’une petite fille. La petite est décédée à la suite d’un accident et je me suis toujours demandé où elle était passée. Ce trouble intérieur a éveillé ma quête de sens.

Récemment, j’ai fait deux fausses couches (lors de la dernière, une hémorragie interne s’en est suivie et j’ai failli y passer). Je vis toujours avec l’espoir de revoir ces enfants disparus. À ma dernière grossesse, j’ai eu un déchirement placentaire à ma 8e semaine, je pensais encore perdre notre enfant. De fait, après avoir fait mon entrée à l’hôpital le lendemain, le gynécologue m’a confirmé qu’il entendait bien le pouls de l’enfant. Un revirement inattendu. Le pronostic pour moi et pour l’enfant était favorable, mais je devais m’abstenir de tout effort. Nous vivions alors beaucoup d’anxiété. Quelques semaines plus tard, j’ai fait un rêve que mon enfant allait naître… en santé. Il se présentait à moi et me donnait même son prénom. Cela nous a réconfortés et m’a permis de poursuivre la grossesse avec plus de confiance.

L’été passé, à la fin juillet, nous sommes allés à la basilique Sainte-Anne-de-Beaupré. Comme mon conjoint et moi sommes sensibles à la beauté des œuvres d’art — comprenez bien, nous sommes à la basilique qui porte son nom et j’ignore tout de sainte Anne, de son histoire, qu’elle est la mère de Marie, la grand-mère de Jésus, je ne sais absolument rien de tout ça —, on s’est avancés, émerveillés, avec nos deux jeunes, dans l’allée centrale de l’église. À l’avant, tout proche du chœur, il y a un endroit avec des lampions pour se recueillir et offrir nos intentions, pour demander des faveurs. Tiens, tiens, c’est intéressant, ça. Je me suis agenouillée et là j’ai expérimenté dans mes tripes, dans mon être profond, quelque chose de neuf, un bouleversement, la sensation d’être traversée par une force qui n’est pas de moi. J’étais émue jusqu’aux larmes, mais je n’en parle qu’à Yanek et en tentant de rester rationnelle. Comment expliquer?

En septembre, Yanek et moi partons une journée, tout bonnement, pour nous rendre à La Pocatière dans le bas du fleuve, question de prendre de l’air face aux multiples occupations de notre quotidien. Nous traversons à pied le centre-ville de ce petit village, découvrons pour la première fois les grands escaliers [de la Trinité], des sentiers pédestres, et enfin, à notre surprise, le Calvaire. De voir Jésus, pleine grandeur en pleine nature parmi les arbres, cloué sur la croix, là devant nous, accompagné de deux personnages, eh bien, me sidère. Je suis interloquée, ébahie. Ma réaction est viscérale. Qu’est-ce qui se passe chez moi?

Début décembre, Yanek me demande si j’accepte de l’accompagner pour être Joseph et Marie dans la crèche vivante que Louise Pelletier est en train de monter pour la messe de 17h la veille de Noël. Je ne me sens pas trop à ma place, presque comme un imposteur. J’acquiesce à cette idée, un peu plus avec ma tête qu’avec mon cœur. On assiste tous deux aux «répétitions». Le grand jour arrive. Je suis dans le chœur de l’église, au pied de l’autel, la mère avec l’Enfant Jésus, une poupée, dans mes bras. La célébration a lieu. Le père Modeste livre son homélie. Je suis touchée par ses propos. Je regarde et vois autour de moi la foule de personnes rassemblées, les paroissiens, le chœur, la nef, je contemple ce paysage qui s’offre à mes yeux. Au fond de moi, un élan, une joie monte, comme un trop plein de vie qui jaillit de mes entrailles: oui, j’en ai la certitude, c’est ici ma place, en Église, au cœur d’une paroisse. Enfin, tout prend son sens.

J’évite d’en parler tout de suite. J’attends que les deux semaines de Noël soient passées pour laisser les émotions décanter un peu. À la mi-janvier, je glisse un mot à Yanek et à notre agente de pastorale. Toutes les émotions y passent. C’est tout un changement de cap dans ma vie et dans celle de notre couple. Un seul désir m’habite: de recevoir le baptême. (Voir mon parcours au début de cette entrevue.)

Yanek. Ma «réflexion» a commencé à un jeune âge. Enfant, je disais voir des «anges» et mes parents se sont inquiétés; ils ont même consulté un spécialiste de la santé lorsque je leur en ai parlé! Je devais avoir sept ou huit ans. Ce que je voulais leur dire, c’est que je sentais une présence bienveillante qui m’accompagnait et me guidait au quotidien.

Mes parents n’étaient pas croyants, mais je me souviens de ma grand-mère maternelle qui décorait sa maison d’images d’anges et du Christ, et du leadership tranquille de mon grand-père qui nous avait emmenés à la messe de minuit contre l’avis de mes parents dans les années ‘90!

Plus tard, je me suis inscrit à des cours d’histoire de l’art médiéval; j’avais un intérêt pour la peinture et l’architecture gothique. Je me suis rendu à Rome, j’ai visité le Vatican et a terminé mon mémoire de maîtrise sur un cycle de fresques d’une chapelle pontificale (Innocent IV, 1245).

Mon parcours est ponctué de visions et de rêves, comme celle qui met en relief le chapelet: ainsi, j’ai rêvé que je marchais sur un pont suspendu dans la noirceur et que je m’agrippais à une corde pour ne pas tomber. La corde et ses nœuds symbolisaient pour moi le chapelet, la continuité avec l’héritage de mes grands-parents, la sécurité et un chemin pour ne pas m’égarer. J’ai demandé des renseignements à ce sujet à mes reconcentres en pastorale, et je me suis procuré un chapelet. Aujourd’hui, j’aime bien méditer sur les épisodes de la vie de la Vierge Marie.

Un autre exemple. Lors de notre participation à la crèche vivante pour la messe de Noël l’an passé à la paroisse Sainte-Thérèse-d’Avila, une image s’est imposée à moi: un triangle avec un œil qui apparaissait sur mon front.

Il y a trois mots ou phrases qui résument bien mon histoire:

Aller vers l’essentiel. Marcher parfois seul vers ce qui nous apparaît être la lumière au risque d’être appauvri financièrement ou de subir le rejet social. Quand j’ai entrepris cette démarche [de foi], j’ai voulu m’éloigner de l’ego, de l’ambition et de certaines familles [connaissances] qui n’en étaient pas vraiment.

Élaguer. Oser faire des sacrifices.

Faire du ménage. Cela demande des efforts et ce n’est pas toujours agréable ou facile à faire!

Avec de jeunes enfants et vous comme adultes à l’affût de nouveauté et de découvertes, comment faites-vous pour apprivoiser les réseaux sociaux, l’usage du téléphone mobile (cellulaire) et de nouvelles applications électroniques qui entrent dans votre vie relationnelle… et qui façonne votre manière de penser? Comment être cohérent dans sa vie de foi en tant que parents et éducateurs?

Chantale. C’est un immense défi pour nous qui avons été élevés sans internet et qui avons connu la période où il fallait «aller jouer dehors». Ces nouvelles technologies doivent rester un outil. Elles font partie de nos vies et on ne peut pas vraiment y faire complètement abstraction, mais il faut beaucoup de modération, surtout chez les enfants et les ados. Je crois qu’il faut apprendre à se faire confiance, même si on est à contre-courant. Il faut être confiant dans nos valeurs profondes et les transmettre au mieux. Ramener les enfants à l’essentiel, leur faire vivre des expériences qui ouvrent leurs esprits, qui les transforment et qui développent leur esprit critique.

Ils vont devoir eux aussi apprendre à faire le tri à travers le tsunami d’informations qu’ils vont recevoir. Ça ne veut pas dire fermer les yeux et s’enfermer dans ses croyances. Cela veut dire s’ancrer dans ses convictions profondes. Oui, parfois ils se remettront en question, ce qui est sain à mon avis, sinon on tombe dans l’intégrisme. J’aimerais avoir le potentiel de leur transmettre ceci: à savoir une quête de l’essentiel et de sens, une belle quête d’absolu, et qu’ils puissent constater le bonheur que cela apporte.

Yanek. Comme parent, je suis là pour aider mes enfants à distinguer le bon grain de l’ivraie. L’ivraie, à mon avis, c’est le narcissisme du monde actuel, la distraction, le confort matériel; c’est d’insister tellement sur les droits individuels qu’on en oublie les responsabilités que nous devons assumer. Je trouve que dans nos vies on s’éloigne de qui est essentiel: on prend des vessies pour des lanternes… Et quand je ne sais plus ce qu’est le bon grain, une de mes stratégies est de me rendre à la chapelle Notre-Dame-de-Lourdes de Montréal dans le cadre de l’adoration eucharistique, sur l’heure du midi à mon travail, et là je prends le temps de réfléchir.

Une journée dans la vie de votre couple et famille, en banlieue d’une grande métropole, cela rassemble à quoi? Votre horaire du lever au coucher…

Chantale et Yanek. En semaine, Yanek se lève à 5h30. Cela lui permet de s’entraîner et de prendre sa douche froide quotidienne. Les enfants se lèvent à 7h tous les matins. Pendant ce temps, Yanek quitte vers la gare pour la Grande Bibliothèque. Il intervient en relation d’aide auprès des personnes dans le besoin. C’est un travail exigeant, mais riche en relations humaines.

De son côté, Chantale se lève en même temps que les enfants ou plus tôt, comme ce matin pour aller courir ou juste prendre le temps de souffler un peu. À 7h30, c’est le déjeuner et la vaisselle. Notre jeune qui va bientôt à la maternelle aime bien aller dehors pour faire du vélo. À 8h, notre fils aîné se lève ou arrive de chez son papa. À 8h30, trois jours/semaine, notre vélo-boy (VB) quitte pour la prématernelle. À 9h, c’est au tour du plus vieux de se rendre à l’école secondaire, et à Chantale d’entreprendre des activités avec le plus jeune, sans compter les tâches ménagères et les petites réparations qu’elle effectue à la volée. Les lundis, elle fait les commissions. À 11h15, retour de vélo-boy de la ‘Petite école’ et, à 11h30, c’est lui qui fait la bénédiction (ou prière apprise à l’église) pour le dîner.

En après-midi, à 13h, c’est la sieste pour le plus jeune. Entre-temps, Chantale fait des activités avec VB et poursuit ses tâches ménagères, sans oublier ses devoirs en vue du cours de préparation au mariage que nous allons suivre avec un couple du Mouvement Sève à Rosemère, les trois prochains dimanches. À 15h, des collations et des jeux ensemble, de préférence dehors, sinon à l’intérieur. À 16h, elle prépare le souper, tout en gérant les conflits entre les trois enfants qui sont à leur plus haut niveau d’excitation du jour.

Souper vers 18h et prière, soit le «Notre Père» en chantant ou un «Je vous salue Marie». À 18h30, on écoute parfois le chapelet à Radio VM [Ville-Marie] en faisant la vaisselle. Entre-temps, les enfants jouent, bien que VB récite parfois le chapelet avec nous. Deux jours/semaine, le plus vieux quitte pour aller rejoindre son papa. À 19h, retour de Yanek du travail. On commence ensemble la routine du soir: bains, histoires à lire et à raconter, pyjamas et bisous. Cela clôture une journée bien remplie. Dès 20h, nous nous offrons un temps en amoureux. À 20h45, Yanek se couche, ce qui donne à Chantale la possibilité de lire, de regarder des émissions, de se détendre et de prier. Elle se couche vers 22h30, généralement.

Votre itinéraire comme catéchumènes franchira une étape décisive en juillet. À moins d’imprévus, vous allez recevoir le baptême — de même que vos deux enfants — et le sacrement de confirmation dimanche 21 juillet. Et, samedi 27 juillet, vous célébrerez votre mariage-sacrement pour enfin recevoir Jésus-eucharistie à la Sainte table. Un «forfait tout compris» en l’espace d’une semaine! C’est un beau cadeau que vous faites l’un l’autre, pour votre amour conjugal et pour votre vie de famille en confiant votre démarche de foi à Jésus Christ et à la Famille Église.

«Après l’amour qui nous unit à Dieu, l’amour conjugal est ‘la plus grande des amitiés’» insiste François en citant Thomas d’Aquin dans son exhortation «Amoris Laetitia».

L’accueil de votre prochain engagement au sein de l’Église parmi vos connaissances et amis se passe comment?

Chantale et Yanek. Quelques personnes dans notre entourage démontrent une belle ouverture, certaines sont semi-ouvertes à ce changement dans nos vies, et d’autres parmi nos familles immédiates sont assez fermées et ne seront pas présentes à l’église. Disons que notre conversion a créé une onde de choc dans une famille athée et fière de l’être. Le livre de Brigitte Bédard [‘J’étais incapable d’aimer: Le Christ m’a libérée’, un emprunt que nous avons fait dimanche passé à la bibliothèque paroissiale] nous fait penser à tout ça.

Une belle journée pour vous deux?

Chantale. Je crois que nos plus beaux moments ont toujours été nos petites escapades en nature, à Sainte-Agathe-des-Monts, à La Pocatière, à Charlevoix et à l’Île-de-la-Visitation [dans l’arrondissement d’Ahuntsic-Cartierville à Montréal]. Nous sommes deux contemplatifs, alors une simple promenade à admirer les beautés de la nature nous fait un bien fou. Cela nous ramène à l’essentiel.

Yanek. Un thé vert japonais. (Rires.) Une journée au bord du fleuve en Charlevoix. Au cours de la journée, lorsque je prends un moment pour moi: j’écris une chose pour laquelle je suis reconnaissant la journée d’avant, et, si je m’en souviens, le rêve que j’ai fait la nuit d’avant. Cela me remplit de gratitude, et, par le fait même, arrime mon conscient avec mon inconscient.

Votre souhait pour les personnes qui n’ont plus raison d’espérer?

Chantale. Je sens que l’Esprit Saint trouve toujours son chemin, il profite de chaque ouverture pour s’infiltrer en nous. Je perçois une quête de sens très forte à travers les valeurs vides de sens véhiculées en ce moment dans notre société. L’Esprit Saint sait surtout trouver le bon moment pour le faire! Il faut être patient et croire en la Providence, comme le disait le père Tony Solano. Ça m’a pris 42 ans quand même! Le Seigneur devait savoir que j’étais maintenant prête à l’accueillir.

Yanek. Comme il est écrit en Matthieu 26, on doit porter attention aux petits et aux rares moments durant lesquels nous sommes éveillés et non endormis. Parce que pour la majorité des gens, nous sommes dans nos routines, dans nos vieilles pantoufles. Quand on porte attention et qu’on sait encore s’émerveiller, je crois qu’on peut voir l’Esprit Saint à l’œuvre.

Merci, Chantale et Yanek, pour votre franchise à nous livrer un témoignage percutant.

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