Un amour sans frontière, un amour qui nous pousse au don de soi

Réflexion sur l’évangile du 15 mai, 5e dimanche de Pâques

«Aimez-vous les uns les autres, comme je vous ai aimés.» «Comme je vous ai aimés.» Voilà ce qui est nouveau, ce qui est original, ce qui doit être notre idéal. Jésus ne s’est pas contenté d’un amour venant du haut de son ciel. Il est venu chez nous. Il a tenu à expérimenter notre manière de vivre: nos souffrances, nos joies, nos peines, nos labeurs, nos déceptions, nos projets. C’est ainsi que nous devons nous aimer les uns les autres. Pas de loin seulement, c’est trop facile et souvent plein d’illusion. Se faire proche pour aimer comme Jésus, ne pas avoir peur de partager l’existence concrète de ceux que nous aimons: voilà dans quel sens oriente le commandement nouveau.

Deuxième caractéristique de l’amour du Christ. Il nous a aimés d’un amour sans frontière. C’est sûr qu’il avait ses amis, ses préférés. Mais, son amour ne s’arrêtait pas à eux. Le Christ a rejoint le païen, le pécheur, l’exclu. Il a aimé des riches, des pauvres, des bien-portants, des malades, des hommes et des femmes de toute condition, des enfants. Pas de frontière, pas de clan. Notre amour doit viser à être universel comme le sien. Souvent, nous n’aimons que ceux qui nous aiment, que ceux que nous trouvons aimables, que ceux qui sont de notre race, de notre classe sociale. Cet amour n’est pas mauvais; mais ce n’est pas encore l’amour «comme le Christ nous a aimés».

Il nous a aimés d’un amour exigeant. En nous aimant, le Christ nous invite au dépassement. Son amour pousse au don de soi, il conduit à ne pas reculer devant la souffrance, il est capable d’abnégation. Ainsi devons-nous aimer les uns les autres.

Dernière caractéristique. C’est un amour qui nous relève, nous donne courage et espérance, nous guérit, nous libère du mal, nous sauve. Cet amour nous grandit et nous épanouit, nous fait vivre davantage et mieux. Aimer nos parents, nos enfants, nos voisins, nos collègues de travail comme le Christ nous a aimés, c’est les aider à vivre en plénitude. C’est leur donner la main afin de les entraîner vers plus de lumière. C’est leur ouvrir des chemins qui conduisent à la paix et à la libération intérieures.

Reste à passer des paroles aux actes.

L’abbé Jean-Marie Proulx

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