Témoignage: Le Seigneur m’a donné l’occasion d’être parmi vous comme un frère

L’autre jour, nous recevons par la poste un petit magazine de l’Aide à l’Église en Détresse avec pour titre: «Séminaristes: diamants bruts pour l’Église».

Vous connaissez? Fondée en 1947, à la sortie de la Deuxième Guerre mondiale, cette œuvre caritative de droit pontifical vient en aide aux missionnaires en divers pays, qu’ils soient prêtres, religieux ou laïcs.

De temps en temps, nous recevons un numéro spécial de l’organisme, dont le bureau canadien se situe ici même à Montréal. Le numéro d’avril nous dévoile les récits de plusieurs séminaristes, de jeunes hommes aux parcours inusités, des prêtres en devenir. Et, à la deuxième page, je tombe sur un témoignage d’un séminariste — tenez-vous bien — du Pérou.

Or, l’idée m’est venue, un dimanche matin il y a deux semaines, de demander au Père Tony Solano de nous raconter son parcours de vie, s’il le veut bien, en s’inspirant du témoignage du jeune séminariste du Pérou (lui ayant remis en mains propres une photocopie du témoignage d’Abel Esteves Atarama).

Le Père Tony accepte de bon cœur, presque spontanément.

La rédaction.

Le Seigneur m’a donné l’occasion d’être parmi vous comme un frère

Je suis Tony Solano et je viens de la ville de Chosica, la « villa del sol » (1). Ma famille est composée par mes parents, Dario et Elena, ma sœur aînée et mes quatre frères. Pendant mon enfance, mes parents m’ont transmis la dévotion au « Señor de los milagros » (2), à saint Martin de Porres et à sainte Rose de Lima.

Après l’école secondaire, j’ai travaillé avec mes parents et en même temps, j’ai collaboré dans ma paroisse en donnant le catéchisme. On sait que dans l’Église, Pâques et Noël sont des temps forts, et je me souviens très bien qu’à la fin de l’année 1997 (à mes 21 ans), j’ai accompagné trois prêtres missionnaires, dans les montagnes du Pérou, qui sont allés célébrer la Messe de Noël en 42 villages. Dans ce moment-là, j’ai pris conscience de ma vocation, car « la moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux. » (Mt 9, 37)

J’ai commencé la formation chez les Missionnaires des Saints-Apôtres (3) qui ont comme devise : humaniser et évangéliser. Alors, toute ma vie et chaque activité que je réalise sont guidées par ces deux pôles. Durant mes études, j’ai aussi fait la pastoral dans les écoles et paroisses pour mettre en pratique tous les apprentissages acquis. Grâce à ces expériences, j’ai grandi comme être humain et expérimenté l’amour de Dieu qui se fait chair dans l’humanité. Parmi toutes ces expériences, j’aimerais vous en raconter deux :

L’année 2009, je suis rentré chez moi pour travailler dans « Hogar san Pedro ». Cette maison de charité accueille des personnes qui sont malades et délaissées par leurs familles et la société. Là-bas, j’ai côtoyé la souffrance humaine, le désespoir, l’abandon total et la mort. Là-bas, j’ai appris qu’ouvrir mon cœur et partager mon temps avec ces personnes-là sont les réponses de Dieu au cri de l’humanité. Être là, manger ensemble, aider, raconter des histoires, être à l’écoute, partager les douleurs et les souffrances sont des moments forts et inoubliables qui ont marqué ma vie et mon cœur. Là-bas, j’ai appris que je suis appelé à servir.

Un trait d’être missionnaire est la disponibilité et pour cette raison je suis dans la belle province depuis 10 ans. Aujourd’hui, le Seigneur m’a donné l’occasion d’être parmi vous comme un frère qui est là pour apprendre, pour marcher ensemble et pour partager la foi. Merci pour votre accueil, patience, encouragement et générosité.

Finalement, j’aimerais vous remercier aux personnes du Québec et du Canada pour votre soutien à ma communauté et à moi. Grâce à vos dons, j’ai eu l’opportunité de devenir prêtre. Grâce à vos dons, les Missionnaires des Saints-Apôtres continuent la mission de « promouvoir, former et accompagner des jeunes et des adultes dans leur vocation au ministère presbytéral et aux autres ministères dans l’Église. » (CN # 1)

Père Tony Solano

 

Notes :

1. La ville du soleil.

2. Le Seigneur qui fait miracles est l’image du Christ dans la croix.

3. Eusèbe-Henri Ménard fonde la famille spirituelle et l’œuvre des Saints-Apôtres à Montréal, en 1946.

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