Réflexion sur l’évangile du 8 décembre | 2e Dimanche de l’Avent
Durant le temps de l’Avent, l’Église nous propose de penser au bonheur et de le rechercher en regardant du côté de Dieu. Dieu veut notre bonheur. Il envoie son Fils parmi nous pour notre bonheur. Noël, que nous fêterons bientôt, est la fête de l’annonce et du don d’un grand bonheur.
Dieu prend lui-même l’initiative de nous rendre heureux. Il nous invite à nous décharger de notre manteau de malheur pour revêtir le vêtement de bonheur qu’Il nous offre: «Jérusalem, quitte ta robe de tristesse et de misère, et revêts la parure de la gloire de Dieu pour toujours, enveloppe-toi dans le manteau de la justice de Dieu, mets sur ta tête le diadème de la gloire de l’Éternel.» C’est une vraie promesse de bonheur. Or, Dieu, on le sait, tient ses promesses. Le bonheur qu’il annonce, il le donne. Mais, faut-il encore l’accueillir.
Ce bonheur, c’est son Royaume, c’est la vérité qu’il révèle, c’est la justice qu’il vient instaurer, c’est le pardon des péchés qu’il nous donne si largement, c’est l’espérance d’une vie éternelle qu’il dépose au fond des cœurs. C’est tout cela, mais c’est surtout quelqu’un. Le bonheur que Dieu nous donne, c’est son Fils, que Jean-Baptiste a annoncé et que Marie a mis au monde. Comment l’accueillir?
Jean-Baptiste est le maître en ce domaine. Il parle de baptême, de conversion, d’un chemin à préparer, de route à aplanir, de ravin à combler, de montagne à abaisser, de passages tortueux à rendre droits. Ce sont autant de conditions requises pour être de ceux et celles qui «verront le salut de Dieu», qui accueilleront Jésus, qui est lui-même le salut de Dieu. Saint Paul l’explique bien dans sa lettre aux Philippiens quand il leur dit: «Dans ma prière, je demande que votre amour vous fasse progresser de plus en plus dans la connaissance vraie et la parfaite clairvoyance qui vous feront discerner ce qui vous est le plus important.»
Le mot «amour» est à retenir. C’est en aimant que l’on s’ouvre au bonheur de Dieu. L’amour dont on parle ici n’est pas un amour de facilité. Il est fait de don. Il ne recule pas quand l’oubli de soi est demandé et souvent, il est aussi fait de pardon.
Nous pourrions nous demander:
Quelles sont nos priorités dans la vie?
À qui, à quoi consacrons-nous le plus de temps, le meilleur de nous-mêmes, de semaine en semaine?
En prenant de l’âge, avons-nous mis de côté des préoccupations que nous jugions fondamentales, il y a dix ou vingt ans, pour atteindre le bonheur?
Notre vie est-elle encombrée de futilités?
De quoi pourrions-nous nous départir pour mieux aimer?
Ce sont des questions à nous poser pendant le temps de l’Avent parce que ce temps nous est donné pour aplanir.
Il y va de notre bonheur et de la qualité de notre rencontre avec le Fils de Dieu quand viendra le jour de fêter la Nativité.
Jean-Marie Proulx, prêtre