Homélie

Jésus trace pour nous le chemin de la vie.

Réflexion sur l’évangile du 17 mars | 5e dimanche Carême (B)
 

Une phrase étonnante de saint Paul dans la Lettre aux Hébreux nous raconte ce qui est arrivé à Jésus: «Bien qu’il soit le Fils, il apprit par ses souffrances l’obéissance et, conduit à sa perfection, il est devenu pour tous ceux qui lui obéissent la cause du salut éternel.» Nous voilà au cœur du mystère chrétien.

De nos jours, nous remarquons plus que jamais, la peur et le refus de la souffrance de tout type: physique, psychologique, morale… Nous voulons l’effacer de nos vies, quitte à préférer la mort. L’augmentation des demandes d’«aide médicale à mourir» en est un signe éloquent. Pourtant, en parlant de son heure, ce moment où il va faire face à la souffrance et à la mort, Jésus signifie ce qu’est sa glorification. S’il est descendu du ciel, c’est pour être élevé, afin d’attirer tout à lui.

L’élévation de Jésus sur la croix se compare au phénomène de germination et de fructification du grain de blé. Tant que le grain de blé reste sur l’épi ou dans le grenier, tant qu’il n’est pas semé, il ne va pas dans le sens de ce qu’il doit devenir. Il reste seul et improductif. C’est la même chose avec le Christ. S’il n’est pas enfoui dans la mort, il ne pourra pas donner la vie. Élevé sur la croix, Jésus est glorifié, il est révélé dans son être profond. Il nous manifeste la présence et l’amour de Dieu qui s’inscrit dans nos cœurs. Élevé de terre, Jésus peut attirer à Lui tous les humains, les entraîner à sa suite dans la gloire. Lui, Le chemin du ciel nous est ouvert.

Ce passage de la mort à la vie, Jésus l’a vécu péniblement: «Le Christ, pendant les jours de sa vie dans la chair, offrit, avec un grand cri et dans les larmes, des prières et des supplications à Dieu.» Oui, Jésus a ressenti l’angoisse et la peur: «Maintenant, mon âme est bouleversée», disait-il à ses amis.

Et, nous savons bien que le christianisme n’exalte pas la souffrance et la mort. Pourtant, c’est pour nous donner la vie qu’il meurt. Et, dans son enseignement, Il développe cette idée selon laquelle celui, celle, qui donne reçoit et celui, celle, qui perd sa vie la gardera. Sur la croix, Il nous a ouvert un chemin. Il s’est offert à nous pour nous faire traverser les eaux ténébreuses de la mort. Par le don qu’il fait de lui-même, il trace pour nous le chemin de la vie éternelle. À son invitation, marchons à sa suite sur la route qui conduit au matin de Pâques.

Seigneur, en route vers Pâques, nous voulons renaître avec Toi!

Amen.

Jean-Marie Proulx, prêtre

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