« Vraiment, cet homme était le Fils de Dieu » (Mc 15, 39)


Dimanche des Rameaux et de la Passion (Mc 14, 1 – 15, 47)


La passion du Seigneur est tellement marquée par des intrigues, des trahisons, des foules hostiles que nous avons une impression plutôt négative des contemporains de Jésus. Mais les récits de la passion recèlent un impressionnant répertoire de gens qui, chacun à sa manière, ont essayé d’aider Jésus et de lui épargner le supplice de la croix. Je vais réfléchir sur les traits de deux personnages que nous rencontrons sur le chemin de la croix : Simon de Cyrène et le centurion romain.


L’Évangile de Marc nous dit que Simon revenait des champs. Il a dû travailler dur toute la matinée. Et à l’heure de midi où le soleil tape fort, il rentrait à la maison, affamé et fatigué. Et on l’a réquisitionné pour porter la croix de Jésus. Alors, il était tout près de Jésus. Il a senti son souffle. Il l’a vu souffrir. Ce faisant, il est devenu le partenaire et le témoin privilégié de ce bouleversant événement de l’histoire : le chemin de croix où le Fils de Dieu donne sa vie pour que tous les hommes, sans exception, soient sauvés.


Aussi saint Marc a quelques mots à nous dire sur le centurion romain qui était le chef du peloton chargé de l’exécution de Jésus. Cet homme avait vu Jésus s’épuiser à traîner son fardeau et avait fait offrir du vin aromatisé de myrrhe pour soulager la douleur de Jésus (Mc 15, 23). Enfin à la mort de Jésus, ce même centurion, habitué à voir mourir des hommes, déclare : « Vraiment, cet homme était le Fils de Dieu » (Mc 15, 39). Pourquoi a-t-il prononcé ces mots ? Était-il à la recherche de la vérité et l’a-t-il entrevue dans la souffrance de Jésus ? En effet, pour Marc, le centurion nous invite à reconnaître en vérité dans le crucifié le Fils de Dieu (Mc 1, 1).


Finalement, serions-nous prêts à être engagés comme Simon de Cyrène à porter la croix du Christ ? Si nous acceptions de le faire, nous aurions la chance d’entendre le centurion déclarer au pied de la croix : « Vraiment, cet homme était le Fils de Dieu. » À cet instant précis, l’amour de Dieu, qui jette toutes les détresses humaines dans la détresse du Christ nous permet déjà d’entrevoir la Résurrection et, grâce aux paroles du soldat païen, la croix du Christ se transforme en une croix de lumière.


Père Tony Solano