Mon commandement, le voici… (Jn 15, 12)



6e dimanche de Pâques

Mon commandement, le voici… (Jn 15, 12)

Le long monologue des chapitres 15 et 16 traite tout entier de la vie de la communauté chrétienne dans le temps après Pâques, dans le temps de L’Église. Et l’Évangile, de ce dimanche, semble s’organiser autour de deux formules parallèles : « Comme le Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimés. » (v. 9) ; puis : « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. » (v. 12).

« Comme le Père m’a aimé... »

Que ce soit le Christ pascal, déjà passé par la mort, qui nous parle ici, le temps même des verbes l’indique clairement : « comme je vous ai aimés ». Sans doute est-ce bien tout au long de sa vie terrestre que Jésus a aimé les siens, mais nous avons appris dès l’introduction à ces derniers entretiens qu’il « les aima jusqu’au bout » (13, 1), c’est-à-dire jusqu’à la dernière minute, mais aussi et surtout jusqu’à l’extrême, aussi loin qu’on puisse aller dans l’amour.

« Aimez-vous les uns les autres... »

Le propre de Jean est de présenter cet unique commandement comme celui-là même que Jésus a reçu de son Père et gardé jusqu’au bout. C’est pourquoi il est essential quand on le cite de ne pas omettre, ainsi qu’on le fait souvent, les mots « comme je vous ai aimés » ; car là exprime-t-elle d’abord une comparaison, un rapport d’exemplarité clairement précisé par le verset suivant : « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime. » (v. 13) ; il n’y a d’autre mesure que d’aimer sans mesure, à l’image de celui qui nous a aimés « jusqu’au bout » ; mais de la même façon que Jésus disait plus haut nous avoir aimés de l’amour même dont le Père l’a aimé.

Père Jerry Tony Solano