Le jeune homme était libre de choisir



Réflexion sur l'évangile du 28e dimanche du temps ordinaire


Aujourd’hui, Jésus demande à ce jeune homme de tout vendre et de le suivre, tandis que d’autres qui voulaient le suivre en ont été dissuadés : «Les renards ont des terriers, les oiseaux du ciel ont des nids ; mais le Fils de l’homme n’a pas d’endroit où reposer la tête.» (Lc 9, 58). Aujourd’hui, au contraire, Jésus discerne une vocation dans ce jeune, et il aimerait l’inviter à laisser derrière lui ses richesses comme ses apôtres Pierre, André, Jacques et Jean avaient laissé leur père et leurs filets et l’avaient suivi (Mc 1, 16-20). Jésus avait sûrement une mission très spéciale en vue pour lui.

Le jeune homme était libre de choisir et il a refusé. Il sent en lui cette incapacité de répondre à l’appel du Seigneur, «car il avait de grands biens» (Mc 10, 22). Nous pouvons opposer son attitude avec celle de Charles de Foucauld qui disait : «Dès l’instant que je crus en lui, je sus que je devais tout abandonner pour le suivre.»

L’Évangile nous invite à regarder, au-delà des richesses, ce qui peut nous combler et ainsi nous permettre de discerner notre vocation. D’ailleurs, c’est en renonçant à beaucoup des choses que l’homme peut gagner au centuple, comme nous le dit l’évangile d’aujourd’hui (Mc 10, 30). La tristesse de ce jeune homme de l’évangile de ce jour nous montre qu’au fond il est seul. Ce sont les richesses qui le possèdent. «Il te manque le vide au creux des mains et du cœur, le manque qui ouvre au désir de vivre… Alors, mets-toi en marche, donne et tu vivras!», lui dit Jésus. Il l’appelle par là à une nouvelle naissance, car naître, c’est perdre ce à quoi nous sommes attachés, pour entrer, plus libres, dans une autre vie beaucoup plus riche. C’est traverser le seuil de l’impossible, porté par une parole de promesse. C’est aller au-delà de soi, c’est passer par le trou de l’aiguille, c’est faire la Pâque.

Père Jerry Tony Solano