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Entrer dans la logique divine du don et du partage


18 septembre, 25e dimanche du temps ordinaire


«Celui qui est digne de confiance dans la moindre chose est digne de confiance aussi dans une grande.» (Luc 16, 10)


La parabole nous met en présence d’un gestionnaire dont personne ne voudrait. En vérité, on sait peu de choses de ce gérant, sinon qu’il gaspille les biens de son maître. Le contexte permet de supposer qu’il s’en sert assez généreusement à son propre profit pour mener un train de vie au-dessus de la normale. Il s’est créé un bonheur tranquille, à l’abri des soucis.


Mais voilà que la fraude est découverte et que le maître lui annonce une mise à la retraite anticipée, sans compensation. Le petit monde confortable qu’il s’était construit est sur le point de s’effondrer.


Nos normes morales attendraient ici un aveu de culpabilité, l’expression d’un repentir, un appel à la pitié. Il n’y a rien de tout cela dans la parabole. Au contraire, avant de déposer son bilan, le gérant effectue une dernière manœuvre de détournement de fonds, destinée à se faire des amis qui le recevront et assureront son avenir.


Étrangement, dans cette affaire, le maître semble approuver l’habilité du fraudeur; même Jésus le propose comme un modèle et en tire une invitation à se faire, habilement, avec l’argent trompeur, des amis qui nous recevront dans les demeures éternelles.


Nous avons compris depuis longtemps que cet évangile n’est pas une incitation à la fraude. Il est plutôt un appel à considérer la fragilité du bien-être individuel et immédiat qu’on est souvent tenté de garder pour soi et de protéger jalousement en s’isolant des autres.


Dans cet Évangile, Jésus nous invite à entrer dans la logique divine du don, du partage et de la miséricorde. Les biens de ce monde nous sont confiés par le Seigneur. Les gérer habilement c’est ne pas les utiliser à son profit, mais savoir s’en servir pour créer le partage et la fraternité. Si nous nous montrons dignes de cette «confiance» dans l’usage habile que nous en faisons alors, nous sera confié le bien véritable.


Père Tony Solano

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